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martes, 2 de septiembre de 2014

L'Héautontimorouménos

À J.G.F.                                                        

Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher
Et je ferai de ta paupière,
Pour abreuver mon Saharah
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera
Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon coeur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge!
Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord
Elle est dans ma voix, la criarde!
C'est tout mon sang ce poison noir!
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.
Je suis la plaie et le couteau!
Je suis le soufflet et la joue!
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau!
Je suis de mon coeur le vampire,
— Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés
Et qui ne peuvent plus sourire!

Charles Baudelaire

lunes, 4 de agosto de 2014

Nachtlied / Canción nocturna

Quellende, schwellende Nacht,

Voll von Lichtern und Sternen:

In den ewigen Fernen,

Sage, was ist da erwacht!

Herz in der Brust wird beengt,

Steigendes, neigendes Leben,

Riesenhaft fühle ich's weben,

Welches das meine verdrängt.


Schlaf, da nahst du dich leis,

Wie dem Kinde die Amme,

Und um die dürftige Flamme

Ziehst du den schützenden Kreis.

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Noche surgente, creciente,

plena de luces y estrellas:

¡en las distancias eternas,

nombra, lo que allí despierte!


Seno el corazón oprime,

vida ascendente, final,

cual titán siento tramar,

la que la mía suprime.


Sueño, vienes sin rumor,

como al niño la nodriza;

ciñes la llama enfermiza

con el cerco protector.


Christian Friedrich Hebbel

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